La part du doute
Ca fait deux ans et des brouettes que j’écris cette newsletter.
Et honnêtement, j’y prends toujours autant de plaisir. C’est ma petite respiration dans la semaine de me poser derrière mon clavier et de vous écrire quelque chose.
Ce qui est délicat, c’est plutôt pour moi d’arriver à être constante.
En ce moment je galère à sortir mon article le vendredi. Il sort plutôt le samedi, le dimanche, voire en début de semaine.
Il n’y a pas de magie dans tout ça hein, c’est juste moi qui, en ce moment, peine un peu à tenir ma routine hebdomadaire.
D’où d’ailleurs cet article sur Atomic Habits vue par une autiste :
Mais il y a aussi des raisons sous-jacentes qui font que c’est compliqué pour moi de continuer à écrire.
Bon le premier point c’est déjà les sujets dont je parle
En fait plus je creuse le sujet de l’entrepreneuriat, plus je me rends compte à quel point c’est un rabbithole sans fin.
Y a des sujets purement techniques que je trouve absolument fascinants, et d’autres sujets plus “mindsets” qui le sont tout autant.
En fait je ne manque pas d’idée, le sujet c’est plutôt le degré de profondeur.
Parce que trouver un bon angle, ça c’est dur.
En ce moment je crois que c’est ça que je travaille : la façon dont j’en parle.
Est-ce que je parle de sujets qui sont tirés de mon expérience personnelle ? Est-ce que je parle de choses que moi je fais au quotidien ?
A la base j’avais pas mal d’humour dans ce que je faisais, mais quand je parle de mon expérience perso “comme si on y était”, je vois que j’en ai bavé et que… Ca fait une bonne histoire, c’est divertissant à lire (j’essaie en tout cas), mais c’est pas vraiment rigolo.
Autant dans un article plus axé technique je peux vous mettre des memes et des petits trucs rigolos, ou des Café-san pour émailler la lecture.
Autant quand je parle de ce que j’ai vécu et que ce sont des histoires qui comportent une dimension traumatique… Bah mettre de l’humour c’est un peu délicat.
Donc voilà, en ce moment la cohérence éditoriale de ce que je fais est aux abonnés absents. Je n’ai pas l’impression que ce soit un problème, je pense que vous êtes assez malin pour l’avoir compris si vous me lisez régulièrement.
C’est pour ça que j’en suis d’autant plus reconnaissante aux gens qui ont pris l’abonnement payant car vous me soutenez dans une aventure où je ne sais pas exactement où elle m’emmène.
Parce que le vrai sujet dans tout ça c’est mon évolution personnelle.
En ce moment je me définis moins par rapport à mon travail qu’il y a un an par exemple.
Ou plutôt, je vis mon travail de façon très différente d’avant.
A la base il y a un an, je faisais en premier lieu du conseil, puis je donnais des cours. Simples.
Depuis quelques mois, je fais toujours ça, mais je donne aussi des formations auprès de collectivités territoriales (enfin, une) sur des sujets spécifiques à l’entrepreneuriat.
Ca m’amène à rencontrer pas mal d’entrepreneurs qui se lancent.
Et à me poser beaucoup de questions sur la qualité de ce que je fais. Est-ce que j’aide vraiment les gens comme je prétends le faire ? Est-ce que j’ai bien l’impact que je prétends avoir ?
Evidemment il y a aussi le problème du doute dans tout ça, qui est toujours assez présent chez moi.
Par moment j’aimerais pouvoir être cette personne pleine de certitudes qui énonce des choses avec la force de l’évidence.
Mais chez moi le doute et la remise en question font partie du processus.
Est-ce que je fais les choses correctement ? Est-ce que quand je demande aux autres si c’est clair, c’est vraiment clair ou alors c’est pas clair et ils n’osent pas me le dire ? Ou c’est pas clair mais ils croient que ça l’est ?
Welcome to Cyrielle’s mind.
Pourquoi je choisis de partager ça ?
Bah déjà, c’est assez divertissant non ?
J’essaie d’une façon générale d’être la plus honnête et transparente dans cette newsletter, et j’ai l’impression de tenir ça.
Il y a aussi autre chose je crois, c’est que la découverte récente que j’ai faite sur le plan artistique, c’est que recevoir de l’aide d’autres personnes est ce qui permet d’avancer le mieux.
C’est un truc qui me bouleverse et donc j’ai encore du mal à parler je crois.
Pendant des années j’ai cru qu’écrire était forcément un processus solitaire. On crée dans son coin, on met en commun avec les autres, les autres nous défoncent, et pour ne pas les décevoir, on essaie de faire mieux.
Bon il s’avère que finalement ça ça marche pas trop.
Il se trouve que je bosse sur un album musical sur ALYS, le projet artistique dont je vous parle fréquemment dans cette NL.
Et j’ai constaté qu’avoir une équipe de personnes avec qui échanger en direct m’aide énormément à avancer.
On discute à chaque étape du processus, ils sont là (shoutout Sia, Elairin, JD si vous me lisez), et je sais que je ne les déçois jamais. Qu’au fond ce que je propose n’est pas nul, est même (justes cieux) intéressant.
Sans eux j’aurais fait Ctrl + A, supprimer, depuis belle lurette.
Ce qui fait que je ne le fais pas sur ma newsletter, c’est votre présence.
Une présence discrète et délicate : certains likent, parfois commentent. D’autres se contente d’ouvrir et c’est déjà pas mal. Je sais que la moitié d’entre vous me lit assidûment, et c’est assez incroyable comme proportion.
On est un peu une team tous ensemble donc.
D’une façon générale ça correspond aussi à un mouvement assez fort chez moi depuis ces dernières années. Je partage ce que je vis, je parle de mes émotions (et j’en ai beaucoup), je prends de la place.
Je m’autorise à parler de tout ça parce qu’au fond, j’ai compris que ça ne servait à rien de me faire toute petite.
Que c’est ok si je doute, mais que douter d’une pratique c’est d’accord, douter de moi dans l’absolu… Ca ne fait pas sens.
Du coup voilà, je suis contente de vous avoir écrit ça parce qu’après mes newsletters de ces dernières semaines j’avais un peu peur de perdre le contact avec mon lectorat, et je suis comme toujours preneuse de vos avis.
Aussi je crois qu’au final je suis plutôt heureuse en ce moment et que ça aussi ça mérite d’être partagé. Je vais conclure la newsletter sur une petite photo de moi à Disneyland prise ces derniers jours parce que je crois qu’elle résume bien le paradoxe chez moi : au fond très heureuse, mais toujours un peu hors des clous.
Allez, @+ dans l’bus !
Cyrielle


